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habitat /
transformation

z-flat

M. d'ouvrage: privée | année: 2008 | mission: complète | surface plancher: 260m² | localisation: 75007


Photos: Y.Marchand & R.Meffre | site

Cet appartement bourgeois, situé sur une des avenues les plus prisées du 7è arrondissement et de Paris, de dimensions généreuses, se présente néanmoins à nous sous une apparence peu flatteuse. Non qu’il soit délabré, mais plutôt abandonné, livré à lui même comme s’il avait une existence autonome. Comme si son propriétaire et unique habitant avait décidé non pas de l’investir, mais de s’abandonner à lui, à sa puissance. Aussi le moindre centimètre carré y est jonché des artefacts les plus divers, centaines de cassettes vidéo devenues inutiles et laissées ainsi comme des reliques…, chaussures témoin des années 70, mais aussi superbes meubles et luminaires de collection achetés un jour puis également oubliés dans l’espace qu’ils peuplent. Dans la cuisine ce sont des résidus alimentaires, de la vaisselle propre et sale qui occupent là encore l’espace donnant l’impression que l’on pénètre non pas dans une habitation mais plutôt dans une installation, un mélange d’œuvres de divers artistes contemporains. Car il semble ressortir de tout cela comme un message, une invitation à regarder l’espace, à regarder cette habitation, toutes les habitations avec des yeux décalés. Décalés dans le temps, à une époque où la décoration était moins présente, où l’on demandait autre chose aux architectes.

L’intervention va essentiellement consister en une réorganisation de l’espace. Qui passera bien sûr par un effacement du message précédemment évoqué.
La cuisine est déplacée, quelques murs et cloisons sont abattus partiellement ou totalement. L’organisation des chambres et salles de bains est revue. En bref le lieu est déshabillé de son ancienne vie pour qu’une nouvelle puisse prendre place pour cette famille avec quatre enfants. Simplement car nous ne sommes qu’architectes donc, nous réinvestissons l’espace avant eux. Quelques matériaux, quelques effets, rien de plus. La cuisine avec son mur en carreaux métro de platine appelle le séjour à se refléter en elle. Cette pièce que l’on peut tantôt cacher, tantôt laisser admirer devient évidemment un lieu central de l’habitation. Les fenêtres ont été changées et remplacées à l’identique. Une paroi de la salle à manger est traitée en micro-mosaïque noire pour aboutir jusqu’à une porte pivotante en miroir qui dissimule l’interminable couloir qui desservira les chambres et salles de bains.

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