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habitat /
transformation

duplycat

M. d'ouvrage: privée | année: 2007 | mission: complète | surface plancher: 140m² (74m² existant + 66m² créés) | localisation: 92600


Photos : Y.Marchand & R.Meffre | site

De projet d'extension classique cette maison devient un modèle de duplication-désintégration d'un paradigme. Cette translation de la fonction du projeteur est pour une fois rendue possible grâce à l'intervention de notre cher architecte des bâtiments de France.
Nous concevons au départ une extension qui joue la rupture avec la maison existante, dans cette conception peut-être parfois trop automatique de notre métier et de sa vocation contemporaine. C’est vrai, nous nous sommes souvent battus déjà contre nos démons et ceux des autres : notre désir d’invisible s’affirme et s’inscrit dans un besoin de calme et d’intemporalité mais nous nous laissons souvent aspirer par une envie (et un goût) qui est aussi malgré tout, et tout le paradoxe est là, une conviction de contemporain. Car comme nous avons tenté de le démontrer dans un autre texte, le contemporain est intemporel et donc éternel : contemporain est ce qui est du temps présent, le présent sera toujours le présent, nous serons donc contemporains à jamais. De là la possibilité de se libérer de cette injonction.
Cette fois ce sera donc grâce à l’intervention de notre bien aimé ABF des Hauts de Seine qui décide souvent à notre place et à la place de nos clients de l’aspect qu’aura leur maison. Il refusera le toit terrasse qu’il nous semblait judicieux d’apposer ici dans l’extension que nous demandait ce couple qui venait d’acquérir une petite maison dans un quartier très prisé d’Asnières. Le projet nous plaisait pourtant tel que nous l’avions dessiné et il nous était difficile de comprendre pourquoi, alors que la maison existante ne présentait aucun intérêt architectural particulier, il nous fallait nous « adapter » à un existant autant qu’à son environnement.
Mais le cadre est ténu, nous l’avons déjà évoqué.
Il nous faut donc céder. Au départ on a souvent le sentiment de se compromettre et finalement de cette contrariété ainsi peut-être que d’un reste d’esprit rebelle naissent souvent des projets intéressants. Puisqu’il faut s’adapter à l’environnement, ne pas trop le bousculer, autant le copier. N’avions-nous pas déjà, à l’occasion de notre diplôme engagé un thème qu’il nous faudra continuer à creuser « donner l’illusion du même ». Ici nous nous sommes pris au mot. Ainsi en fait et place d’une petite maison insignifiante, nos clients auront deux petites maisons insignifiantes abritant un espace contradicteur de cette première impression, de cette vision que l’on veut avoir pour nous. Sous et dans les deux maisons, une seul espace fluide et lumineux, bouleversant les apparences et certaines règles qu’on ne peut comprendre. De projet en projet, nous nous rapprochons de l’invisible.

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