works

about

etudes


théâtre


THEATRE ET AMENAGEMENTS URBAIN A QUIMPER

Projet d'école | 1996 | Enseignants: P. Volf, A. Cattani, J. Lychnérowicz | surface: 3000m²

Il s'agissait donc d'implanter un théâtre, une médiathèque et l'extension du FRAC sur un site constitué de deux places, légèrement excentré.
Après une étude assez rapide, nous décidons que la médiathèque s'installera dans l'ancienne caserne réhabilitée et agrandie. Nous creusons une place derrière la caserne afin d'offrir un plateau aux dimensions assez larges pour accueillir les espaces nécessaires. Un nœud urbain est ainsi crée.
Un des enjeux annoncé du projet était de relier les deux places. Nous le ferons au sens littéral du terme en plaçant le théâtre "à cheval" sur les deux places. La route passe ainsi sous le bâtiment et les arbres le traversent, le transformant ainsi en objet urbain suffisamment incongru pour marquer fortement et autrement l'espace. Car le véritable enjeu, nous le comprenons vite, outre la complexité d'un tel bâtiment, est la création d'un morceau de ville à partir d'équipements culturels, ce qui semble être une gageure.
Plusieurs éléments vont permettre de s'approcher d'une réponse. Le traitement architectural accentue le côté OVNI du projet. Nous voulions surtout éviter que le théâtre ressemble à un robot (et ainsi à au moins la moitié des autres projets proposés) avec sa cage de scène qui dépasse, ses escaliers de chaque côté etc...C'est ainsi que nous imaginons ce grand volume monolithique composé de deux parties, l'une opaque et ancrée au sol, abritant la cage de scène et les gradins; l'autre évanescente, habillée d'une bâche transparente qui laisse voir les espaces publics. Les vitrages situés derrière la bâche sont sérigraphiés avec des motifs d'arbres qui répondent aux arbres qui traversent le théâtre. Cette partie n'est pas directement appuyée sur le sol mais vient comme s'accrocher à la pente en en rejoignant le point haut. Les voitures peuvent passer sous cette partie. On accède ainsi au théâtre de manière assez inhabituelle par sa face inférieure (éclairée par des dalles de verre sérigraphié). L'entrée est cachée et crée d'emblée la surprise.
Ce bâtiment crée un dialogue tout à fait particulier avec la ville. Il participe d'un tissu dédensifié et agit comme un pôle d'attraction avec une urbanité contenue. Même si la ville alentour est calme on sait qu'à l'intérieur il se passe quelque chose... L'arrière donnant sur la place enterrée est traité comme un élément d'accroche permettant de retourner l'orientation. Le bâtiment est donc centré vers lui même et en même temps vers un élément urbain classique. De petits commerces verticaux sont ainsi implantés, cherchant une mixité de programmes inédite. Accessibles depuis la place, ils complètent sans lui nuire l'urbanité créée par le théâtre, sans oublier le Frac. Par leur caractère expérimental ils permettront, on l'espère d'attirer d'autres éléments commerciaux.
L'enjeu de ce projet était surtout de ne pas tomber dans la caricature, qu'elle soit architecturale ou urbaine. Un nouveau langage est mis en oeuvre, cherchant quelle intégration est possible pour un équipement aussi sélectif que peut l'être un théâtre ou un centre d'art contemporain. La recherche de l'invisible y est déjà notable ainsi que tout notre travail sur l'architecture molle... (les images présentées ont été recalculées à partir du fichier 3ds4 de 1996)

retour