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ABRIS POUR SDF

Installation - projet abîmaire / 2006

Notre époque aura eu le privilège de voir apparaître des SDF actifs. Loin d'avoir voulu un jour se marginaliser ou de l'avoir été, faute de trouver un travail, ils participent à l'économie de notre pays mais sont trop pauvres ou trop précaires pour trouver un logement. CDD, temps partiels, flambée des loyers, tous paramètres à constater sans pouvoir agir vraiment. D'autant que les autres sdf n'ont pas disparu pour autant.

Abriter...
A part imaginer des projets provocateurs comme T-rash dont on sait pertinemment qu'ils n'attireront que des bobos aux revenus moyens, nous ne pouvons que constater notre impuissance. Nous ne maîtrisons pas le nombre de logements sociaux à construire et l'on sait que lorsque des expériences comme celles de Jean Nouvel à Nîmes ou Saint-Ouen sont tentées, elles ne bénéficient pas aux habitants dont le loyer est calculé en fonction des surfaces.

C'est alors qu'intervient un autre travail, une autre démarche. Lorsque par les moyens effectifs, rien n'est plus possible, il faut sortir du champ et prendre un peu de recul.
Snake se situe entre divers champs plus ou moins réels. Entre le rêve et la réalité. Entre la fiction et le vécu, l'art contemporain et l'architecture. Comme tous nos projets, Snake est peu défini. Il est une image, un songe habité. Forme plus ou moins infinie, il peut se situer autant à la campagne qu'en ville, sous le métro aérien ou sur les quais de Seine. Nous nous sommes beaucoup intéressés au travail d'Absalon. Sa puissance d'abstraction nous intrigue et nous fascine; tout en s'interrogeant sur la domesticité il parvient à abolir les limites.
Ainsi Snake, refuge n'apportant aucune solution réelle, à l'image de notre époque floue. Sa forme invite à l'infini, offrant des petites bulles plus ou moins privées, où s'isoler des autres sans tout à fait s'en extraire, en tout cas sans s'en protéger vraiment. Stéphanie avait déjà imaginé en 1994 un abri vertical qui pouvait s'installer dans des dents creuses ou des espaces inoccupables à Paris. On y trouvait des cellules minimum et des sanitaires. Ici la liberté est respectée, aucune sécurité imposée.
L'œuvre est ici située dans les limbes de la société du spectacle : Snake est d'abord une représentation, puis une expérience, puis peut-être une installation ou carrément un abri sponsorisé. Nous demandons à des marques de prestige, comme ce malletier de luxe, (dont des pseudos rois de la subversion sont aujourd'hui fans avérés) d'assurer le mécénat et de venir apposer son monogramme sur les couvertures de survie ou des sacs de couchage, voire de créer des cartons " monogrammés ".
Nous voici dans la réalité, aux écrans plats insérés dans les murs, dont on ne pourra s'échapper qu'en coupant le son, l'image demeurant présente à jamais.
Bienvenue chez vous, bienvenue dans snake, degré zéro de l'architecture...

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