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invisible cog paris 2012

Concours


M. d'ouvrage: Ville de Paris | année: 2004 | budget: 900 000€HT | localisation: 75017
Avec Laure Mériaud et Louis Maugin

Invisible COG Paris 2012

Convergence d’interrogations, au centre d’un projet, Invisible Cog essaie de matérialiser des abstractions constructives. Il s’agit de mener de front différentes investigations. Certaines sont en relation directe avec la question posée, d’autres en découlent où l’abordent en amont.
De manière générale, nous nous questionnons, à travers notre discipline essentiellement, sur l’évolution de notre société et les diverses réponses que nous pouvons apporter pour la ville. Invisible Cog, procède par allusions autour de la grande manipulation que nous subissons tous, de manière de plus en plus récurrente. Représentation métaphorique d’un corps possible ou des corps possibles dans l’avenir, ce projet interroge notre capacité à réagir en anticipant un avenir par-dessus tout opaque ; il procèdera donc par opacités métaphoriques. Evocation à la fois très simple mais complexifiable des mutations tant au niveau individuel que collectif que pourraient subir notre genre. Le point de départ sera donc une remise à plat de quelques points obscurs qui concernent notre mystification. Le corps est mis scène suivant divers procédés : projections de performances sportives, en vitesse normale ou décomposées, filtrées par une barrière corporelle, sorte de peau qui abrite l’image de nos exploits ainsi que nos prothèses futures. Ce dispositif met en évidence nos incertitudes. L’avenir serait-il rose ? Non, il sera chair. D’une chair humaine et aussi monstrueusement inhumaine, comme pourrait, suivant certaines prédictions, apparaître notre avenir.

Nous ne travaillons donc pas de manière positive mais simplement de manière contemporaine. Cela signifie que nous ne nous préoccupons pas du bien ou du mal, de l’amélioration ou du progrès mais simplement de l’adéquation et donc de l’adaptation.
Paris comme toutes les métropoles occidentales est une ville au devenir incertain, qui doit cependant se positionner et se tourner vers l’avenir. Mais à la différence de ce qui a été, l’avenir n’est plus synonyme de progrès ou de meilleur. L’avenir est opaque, la connaissance est invisible et immaîtrisable.
Les jeux olympiques ont été témoins du pire comme du meilleur, ils représentent un fil humain, d’une humanité sans juge. Ce projet est un projet de l’absence. Du corps matériel capable de tous les exploits, du corps virtuel, du corps hybride et prothétique. La performance correspond au meilleur, même si elle est exempte de toute notion de bien. En cela qu’elle ses détache de tout objet moral, elle parvient aujourd’hui à la contemporanéité ultime. Le corps est sacralisé, à la manière d’un objet intelligent, dissocié de l’esprit, cette sacralisation aboutit même à la torture ou au supplice qui dans une certaine vision commencent à se rejoindre.
Le corps objet de toutes les souffrances et de la performance, dans une époque où la star n’est plus le corps en action du sportif mais le corps dédié à la souffrance par les nouvelles stars de la terreur. Sport et art sont indissociables de l’image et de la communication, ils opèrent de manière semblable dans une époque sans valeurs, où les champs se placent tous au même niveau. Ils s’agit donc d’une horizontalité de champs et de valeurs, rejoints par des liens transversaux.
Invisible Cog possède de l’autonomie dans l’absence qu’il met en scène.
Paris 2012 et l’architecte investi dans la cité.
Paris 2012, vivre l’incertitude, la magnifier, l’imposer pour obliger à se remettre en question, à s’adapter au pire comme au meilleur.
Paris ville olympique, ville du sport, de la douleur non subie.
Invisible Cog est aussi une arme. Une arme pour voir mais non pour comprendre, une arme pour sentir et évoluer.

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