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cerveaux mouillés 2005

LA VILLE NON MATERIELLE /
DE STAD VAN HET NATTE BREIN




Proposition

Cerveaux Mouillés
LA VILLE NON MATERIELLE / DE STAD VAN HET NATTE BREIN

Une représentation urbaine matérielle n’est évidemment pas pensable. De toute façon si la projection de la ville semble si vaine, il nous faut en tirer quelques conséquences. Ce paramètre, marié à d’autres, nous pousse une fois encore à chercher de l’urbain ailleurs.
L’urbain est aujourd’hui sans conteste un concept commercial.
La ville est marchande, le logement est un marché, le foncier est objet de toutes les spéculations et nos loisirs sont centrés sur des notions marchandes. Alors bien que consommateurs effrénés, il nous faudra souffler ailleurs.

Dans la ville des cerveaux mouillés, le commerce n’est pas absent, il est même un générateur, mais un générateur invisible. Point de départ d’une recherche et d’un plan, il permet de développer une petite ville idéale de notre monde évaporé. Prenant pour modèle physique un magasin Ikea, la ville des cerveaux mouillés est un lieu où l’on a matérialisé l’incertitude. Cela produit des espaces éminemment reposants et étrangement rassurants. On y prend également en compte des notions actuellement absentes du discours architectural.

Quant à la représentation elle ne peut pas être réaliste, il ne s’agit pas d’y croire naïvement, mais d’y comprendre des éléments fédérateurs, comme la possibilité d’un lieu de retraite...

Des personnes qui se refusent à la planification urbaine peuvent-elles penser une aussi grande échelle?
Oui si on sait n’y lire qu’une allusion.
La forme est informelle. Elle se génère autour des entités programmatiques dont l’espace est toujours démultiplié pour abolir ses limites. La notion de crainte est intégrée à ce travail. Une matérialité qui tente de disparaître permet par certains aspects de rassurer ceux qui se sentiront ainsi isolés. En revanche, comme dans un village fortifié, il faudra bien évaluer les limites. Ce petit jeu tout à fait intéressant de semi-camouflage nous entraîne vers des redéfénitions constantes de notre art, vers sa virtualisation. Sa «fictionnisation» qui nous semble une réponse adéquate, la seule à ces heures de doute...

Les cerveaux mouillés sont des individus modifiés génétiquement. La violence leur est inconnue. Ainsi en apparence très calmes ils trompent leur ennui en consommant frénétiquement. Les villes de cerveaux mouillés sont en théorie protégées contre toute vélleité terroriste. Seuls des Cerveaux mouillés peuvent y pénétrer, les autres s’autodétruisent dès lors qu’ils passent le périmètre de sûreté.
Une ville non matérielle (bien que limitée d’une certaine manière) s’articule autour d’un centre commercial géant mais quasi-invisible appelé Générateur. Versés dans la consommation depuis leur plus tendre enfance, les CM ne sont plus sensibles aux messages publicitaires vulgaires tels que nous les connaissons. Ils apprécient l’anonymat et la discrétion. Sorte de stars de leur propre vie, ils évoluent dans un monde policé et esthétiquement clean, sans que rien ne vienne jamais les importuner.
Autour du générateur (qui contient lui-même des cellules d’habitation de type hôtel) se développent de manière alléatoire des maisons chics de type bobo, elles-mêmes contenues pour la plupart dans la «bulle de sûreté». Celles qui y échappent sont camouflées par leur architecture même. De temps à autre, les frontières s’ouvrent dans un happening joyeux et festif mais surtout dangereux, dont certains parfois ne réchapperont pas... La plupart préfèrent cependant ne pas y assister. Ils évoluent alors, seuls ou en famille dans cette nature apparemment hostile mais en fait (hormis les animaux sauvages) inoffensive.

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